La Veuve et l'Orc
Description du livre

J'ai traversé la Fracture seule. Trois semaines de route, un cheval fourbu et des genoux qui comptent les années. Je n'ai prévenu personne — il n'y avait personne à prévenir. Et quand je l'ai vu, quand son œil unique s'est levé vers moi, trente-cinq ans sont tombés comme de la cendre. Maren a cinquante-cinq ans. Veuve depuis trois ans. Deux fils partis, une maison vide face à la mer, et dans la poitrine — ce fantôme de chaleur qui ne s'est jamais éteint. Quand l'alliance signée en terres orcs ouvre la première route légale depuis trente-cinq ans, elle selle un cheval et part sans se retourner. Pas pour recommencer. Pour finir. Gormak a cent cinquante ans. Un seul œil. Des tusks jaunies par le temps. Des mains de maçon qui ont construit des ponts, des murs et des tombeaux — mais jamais une vie à deux. Depuis trente-cinq ans, il canalise tout dans la pierre. Et quand l'odeur de sel et de deuil traverse le camp Drak'thar, le Sang-Lien dormant explose dans sa poitrine comme un coup de tonnerre. Il dit : « Tu n'aurais pas dû venir. » Elle dit : « Je n'ai pas traversé la Fracture pour qu'on me fasse la leçon. » Mais le temps perdu ne se rattrape pas si facilement. La culpabilité d'avoir aimé un autre homme. Le contrôle forgé dans trente-cinq ans de solitude. Un Sang-Lien qui ne se réveille pas doucement mais par vagues de feu incontrôlable. Et un ennemi humain qui fera tout pour empêcher la Malédiction d'être brisée — parce que si les orcs retrouvent leurs naissances, l'équilibre du monde bascule. Entre un rituel ancien qui demande les quatre fragments réunis, une route qui traverse des territoires hostiles, un traître qui les traque et la dernière chance de défaire ce qu'une prêtresse a maudit il y a trois cents ans — Maren et Gormak vont devoir choisir : le contrôle qui protège, ou la vérité qui brûle. « La pierre tient. Mais la pierre ne vit pas. »

Partagez ce livre